Aujourd’hui, nous sommes en compagnie d’Hassan, le pro de l’immo, pour discuter autour de réussite, d’échec et, bien sûr, d’immobilier.

Mais, pourquoi parler aujourd’hui du secteur immobilier ?

Tout simplement, vous l’aurez remarqué, c’est un secteur en pleine expansion, que beaucoup suivent actuellement – notamment sur Internet.

Seulement, n’étant moi-même pas un fin connaisseur de la chose, je ne suis pas en mesure de vous offrir des conseils appropriés et de qualité.

Alors, avant toute chose, il faut savoir que la force d’Hassan n’est pas un mythe. Parmi ceux que je connais, c’est le seul à avoir construit une stabilité financière grâce à l’immobilier tout en étant actif sur Internet et à avoir un succès financier dans le premier supérieur au second.

Mais, pour résumer l’histoire, il n’a pas commencé dans l’immobilier. Non, ce fut plutôt dans le textile avec trois boutiques. Malheureusement, après avoir fait faillite, il a dû fermer ses magasins.

Voyons ensemble comment il a alors réussi à se construire son empire dans l’immobilier.

De nos jours, nombreux sont ceux qui ont une peur bleue de l’échec, de perdre tout ce qu’ils ont créé. Ce qui, souvent, va même jusqu’à les empêcher de se lancer.

Mais pour toi, qu’est-ce que ça a fait de tout perdre ?

Pour moi, ce fut une véritable bénédiction, puisque cet échec m’a au contraire ouvert l’esprit.

Cela m’a amené à me remettre en question, pour ensuite me dépasser. Ce qu’on oublie souvent, c’est que lorsque l’on tombe tout au fond du trou, on ne peut que remonter.

Bien entendu, sur le moment, ce fut extrêmement difficile à vivre. Mais avec le recul que j’ai aujourd’hui, je me rend compte que c’est l’échec qui m’a permis de créer quelque chose.

On peut appeler ça la “stratégie de la loose”. Car quand tout se passe bien, totalement constant et pérenne, je ne vois pas cela comme transcendantal. Pour moi, le succès est par conséquent mitigé. En effet, c’est par l’épreuve qu’on apprend à réussir.

Dans l’idéal, lorsque l’on commence un business, il faut imaginer la fermeture de celui-ci. Après tout, tout a une fin et un jour ou l’autre, ce qui a été créé s’achèvera.

 

On dit souvent que, en créant une affaire, le risque est limité aux apports. Qu’en penses-tu ?

Pour être honnête, je ne suis absolument pas d’accord.

Car on oublie souvent que, lorsque l’on lance son entreprise, en plus de ses propres apports, on trouve aussi les prêts. Ou même l’URSSAF et les dettes sociales.

Malheureusement, ce sont des éléments qui restent à vie, ou que tu mets un certain nombre d’années à rembourser.

Entre le moment où je me suis lancé dans le textile, à 23 ans, et celui où j’ai fait faillite, il y a eu environ 6 ans.

Ce qui signifie qu’avant mes 29 ans, j’étais “à genoux”. En effet, on ne ferme pas son entreprise comme cela. On commence par le fameux redressement judiciaire. Ce moratoire où, pendant deux ans, un liquidateur judiciaire est là pour te soutenir et t’aider à sauver ce qui peut l’être.

Ce système protectionniste en France est très utile. Malheureusement, dans le cas où l’entreprise doit tout de même fermer, cela reste particulièrement compliqué de se relever. Car au lendemain, tu n’as rien, tu peux seulement prétendre au RSA.

Pour ne rien arranger, sur ton CV, tu apparais comme un ancien gérant de société. Alors, les potentiels employeurs ne parviennent pas à t’imaginer salarié. Il est alors difficile de se voir accorder une chance.

Alors qu’on pourrait voir en toi quelqu’un qui a entrepris, en France, on te voit plutôt comme quelqu’un qui a échoué.

Heureusement, j’ai eu la chance de pouvoir très rapidement embrayer sur un emploi à mi-temps.

 

A ce moment-là, pourquoi t’es-tu dirigé vers l’immobilier au lieu de chercher à monter une autre affaire ?

Alors, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte. Cela, à commencer par la corrélation entre argent et immobilier.

Il faut savoir que, en général, parmi ceux qui ont des revenus conséquents, nombreux sont ceux qui investissent dans l’immobilier. Cet aspect-là m’a intéressé, puisque j’ai réalisé que, pour sécuriser ma famille, avoir un placement immobilier était plus qu’utile.

Ensuite, j’avais déjà travaillé comme un forcené dans un système qui n’avait pas fonctionné. En me lançant dans l’immobilier, je me suis dit que cela devrait être moins chronophage – pour commencer seulement.

En soi, tout le monde peut devenir un investisseur immobilier. Toutefois, pour le rester, c’est une autre histoire.

 

Justement, quand on parle d’immobilier, on pense souvent à acheter un appartement pour le louer.

Mais comment peut-on vivre de l’immobilier dans les premiers temps ?

Malheureusement, dans ce secteur, il faut laisser passer un peu de temps.

On ne peut certainement pas gagner suffisamment sa vie immédiatement. Simplement, puisque l’on doit faire face à de nombreux types de temps d’attente.

Par exemple, celui de recherche, puis celui de signature, celui légal pour arriver à la signature définitive, celui de travaux, et voire même celui de revente si tu souhaites revendre.

Par contre, lorsque tu places dans l’immobilier via un prêt bancaire, tu peux alors placer un locataire. Donc, indirectement, tu gagnes de l’argent en amortissant ton crédit.

Par conséquent, tu l’auras compris, le seul moyen qui te permet de t’enrichir de manière durable et stable, à partir de rien, ce n’est autre que l’immobilier.

En ce qui me concerne, entre mon premier placement immobilier en 2010 et le moment où j’ai pu me considérer comme indépendant, il faut compter trois ans. Toutefois, j’ai pris des risques en termes d’investissements.

Pour commencer, j’ai très vite arrêté mon travail à mi-temps pour me consacrer exclusivement à l’immobilier. Aussi, j’ai fait des choix de vie. Par exemple, celui de me loger moins bien que mes locataire, ou bien limiter au maximum les dépenses annexes pour réinvestir chaque centime dans le secteur.

Mais ces choix étaient toujours en accord avec ma femme, nos projets de couple et mon foyer.

En ce qui concerne ceux qui font de l’immobilier sur Internet, ils vont peut-être gagner dix fois plus que moi. Mais il ne faut pas oublier que c’est leur site qui leur rapporte, et non pas le secteur de l’immobilier pur.

Dans le milieu de l’Internet, on parle souvent de sommes faramineuses. Seulement, la question de la stabilité est bien plus mitigée, surtout en comparaison de l’immobilier.

 

Beaucoup pensent que, sans capital de départ, on ne peut pas investir dans l’immobilier.

Que voudrais-tu leur dire ?

Déjà, il faut savoir que, depuis déjà quelques années, je commençais doucement à m’y intéresser, à me renseigner.

Pour parler de capital, je n’avais que celui de mon job à mi-temps, et quand ma femme avait un salaire moyen.

Pourtant, même sans rien, on peut investir dans l’immobilier. En commençant par un salaire et, plus généralement, d’un CDI. Puisque sans cela, les banques ne t’accorderont pas un prêt si facilement.

Pour te donner une ordre d’idée, avec un salaire médian (1000 à 2000 €), tu peux investir entre 50.000 et 80.000 €. Puis, tu peux répéter la chose plusieurs fois, jusqu’à créer ce que l’on appelle un différentiel positif.

Par exemple, en investissant 100.000 €, tu peux te retrouver à rembourser 500 € par mois. Si ton locataire te donne 1000 € par mois, tu as 500 € d’écart.

Même s’il faudra aussi prendre en compte tous les mois les impôts, les charges et autres, tu vas quand même immédiatement générer des bénéfices.

Après, chacun investit de manière différente et des montants différents. En général, il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière.

Seulement, il faut savoir prendre en considération les conditions du marché pour acheter intelligemment, soit le bon bien, au bon moment.

 

Une question un peu plus personnelle, lorsque tu as investis, tu avais déjà tes enfants.

Est-ce que tu considères qu’ils t’ont, d’une manière ou d’une autre, freiné ?

Pour être tout à fait franc, dans l’idéal, si tu veux arriver à l’indépendance financière rapidement, mieux vaut ne pas faire d’enfants tout de suite.

Mine de rien, les enfants demandent beaucoup d’énergie, de temps et d’argent.

Ce qui n’est bien entendu pas vraiment ce dont tu as besoin lorsque tu t’attelles à de nouveaux placements.

Maintenant, lorsque j’ai pris cette décision, je l’ai surtout fait pour mes enfants, pour leur assurer une certaine stabilité et sécurité. Ils ont été, sont et seront toujours mon moteur.

 

Si tu peux nous le dire, combien de biens as-tu actuellement ?

En réalité, il y a beaucoup d’idées pré-conçues et distribuées sur Internet qu’il serait bon de briser.

A commencer par la question du nombre de biens. Puisque même cent garages au fin fond du Larzac n’auront pas la même valeur qu’un seul appartement à Paris, rue de Rivoli par exemple.

Ensuite, j’ai été investisseur, mais aussi chasseur d’immobilier au compte de quelqu’un d’autre, ainsi que marchand de biens, soit une structure commerciale où tu achètes des biens pour les revendre par la suite.

Par conséquent, mon nombre de lots est particulièrement changeant.

Mais, pour te donner une idée, au total, j’ai dû passer devant le notaire plus d’une centaine de fois.

 

En prenant en considération ton parcours entrepreneurial complet, quel serait le conseil que tu aimerais te donner au Hassan de 23 ans ?

Tout simplement, je lui dirais de faire exactement la même chose. De se lancer, puis tomber pour mieux se relever, sans jamais penser à abandonner.

Aussi, j’en profiterais pour féliciter sa persévérance.

 

 

Est-ce que tu penses que la chance a quelque chose à voir avec ta réussite actuelle ?

Pas du tout, je ne crois absolument pas à la chance.

La question n’est pas d’être au bon endroit, au bon moment, puisque l’on y est toujours. Simplement, tout va dépendre de l’oeil que tu vas poser sur les événements.

Par exemple, ce que certains vont considérer comme un échec ou un avertissement, tu peux le voir comme une leçon pour te relancer dans l’avenir.

On ne se rend pas toujours compte des opportunités que l’on a, au moment où on les a.

Lorsqu’une occasion se présente, il s’agit donc plutôt de la voir, ainsi que de réagir de la meilleure des manières.

Certes, ce n’est pas aussi facile pour tout le monde. Mais les possibles handicaps de ton passé peuvent aussi tout à fait être tes forces et tes motivations dans le présent.

Pour te donner un exemple, l’humiliation des huissiers dans mon passé m’a forgé, elle m’a donné une rage incroyable.

Aussi, il faut ne pas se trouver d’excuses, même si un autre en face a clairement plus d’avantages de base. Personne n’est égal, alors à quoi bon se comparer ?

 

Qu’est-ce que la réussite selon toi ?

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que chacun a sa propre vision de la réussite. Pour certains, ce sera matériel, pour d’autre, ce sera de vivre sur une plage.

Pour moi, il s’agit surtout de ce que je vis au quotidien. C’est de pouvoir chercher mes enfants à l’école, de vivre des moments avec eux.

Oui, ma réussite de vie concerne uniquement mon foyer, ma famille.

Après, il va de soi que j’ai des challenges, des défis personnels. Alors, il s’agit de mes ambitions, de pouvoir monter des projets, sans que cela soit automatiquement une question d’argent.

En effet, qu’importe le secteur, si ta seule motivation dans le lancement d’un business est l’argent, tu peux avoir la certitude que tu vas trébucher.

Par exemple, je fais de l’immobilier par passion. Si j’ai pu réussir dans le secteur, c’est aussi parce que j’y ai investi tout mon être, ma passion.

Certes, l’argent n’est pas un aspect négligeable de l’entreprise, loin de là. Toutefois, ce n’est pas le but premier et unique.

Aussi, même si maintenant, je paie beaucoup d’impôts, je le fais en me disant que je contribue à la collectivité. Aujourd’hui, j’ai réussi, mais c’est aussi grâce au RSA des années en arrière.

Maintenant, l’argent participe à ton bonheur, tu as bien entendu besoin d’un minimum. Mais lorsque, après avoir payé tes charges fixes, tu n’as pas besoin de compter, où est le but de gagner plus ?

Alors, ces challenges dans ma vie de tous les jours ne sont pas du tout pour l’argent.

 

Pour conclure, l’immobilier peut se révéler une mine d’or, à condition de commencer avec les bons biens et éviter les frais inutiles.

Puis, qu’importe le secteur d’activité, il s’agit avant tout de se former correctement au préalable. Mais en ce qui concerne l’immobilier, la complexité réside aussi dans les normes, les codes, les droits, les signatures, des engagements…

Les prises de risques sont nombreuses. Malheureusement, si tu tombes, cela peut valoir très cher.

Pour cette raison, en ce qui concerne la formation, mieux vaut la suivre avec quelqu’un qui a l’expérience du terrain.